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Le site archéologique, " un livre ouvert " !

18h06 - 27 juillet 2023 - par L'Hebdo du Haut-Jura
Le site archéologique,
- © Sophie Dalloz

A l'occasion des fouilles actuelles dans le cadre de la 2e phase du projet collectif de recherche P.C.R. 2023/2025, Jean-Robert Bondier, maire de Villards d'Héria conviait ce mercredi 26 juillet M. Serge Castel, préfet du Jura à se rendre sur le site, d'une part pour le découvrir mais également se rendre compte du travail mené actuellement par 20 archéologues sur une nouvelle zone, la chapelle. Etaient aussi présents, Mmes Marie-Christine Dalloz, député, Elisabeth Sevenier Muller, sous-préfète de Lons-le-Saunier, Philippe Prost, président de Terre d'Emeraude, Claude Benier-Rollet, vice-président en charge de la culture.

Un retour sur le site archéo

Les vestiges gallo-romains du site de Villards d'Héria sont d'une importance historique majeure. Le site est jugé aussi important que ceux de Besançon et de Mandeure en Franche-Comté

Ouvert au public de 1995 à 2013 le site avait été fermé, suite aux intempéries de l'hiver 2012-2013, les bâches en Téflon qui protégeaient le site avaient été fortement endommagées. Plusieurs années ont passé, avec la question de la réparation, la prise en charge des assurances, le devenir du site.

Dans le cadre d'un projet collectif de recherche (P.C.R.) soutenu par la DRAC, la région Bourgogne Franche-Comté, le département du Jura, la Communauté de communes Terre d'Emeraude, la mairie de Villards d'Héria, l'UMR 6298 Artehis, l'Onnoarchéo, le musée archéo de Lons-le-Saunier, de nouvelles découvertes ont eu lieu dans la phase de recherches 2019-2022. Ce P.C.R. se poursuit jusqu'en 2025 sous la coordination de M. Grebot, archéologue.

Avec La technologie laser connue sous le nom de LiDAR qui supprime numériquement le couvert forestier pour révéler des ruines anciennes, de nouvelles cartographies ont été éditées par l'IGN et ont aidé fort judicieusement les archéologues dans leurs recherches sur le site. En 2020, les archéologues mettaient à jour, à proximité du site inférieur, que vous visitez, de nouveaux vestiges, deux bâtiments domestiques, du 2e et 4e siècles, un hospitalia (hypocauste). En 2021, une autre découverte d'importance, un mur en grand appareil qui soutenait un aqueduc, ce, en aval du site du Pont des Arches. A cet endroit des morceaux de poterie ont été mis à jour aussi, datant cette fois du Moyen Age, prouvant une autre occupation des lieux dans l'Histoire de Villards d'Héria.

En août 2020, la municipalité a permis aux habitants du village de découvrir ces nouvelles fouilles qui leur ont été commentées par les 15 archéologues présents sur les recherches. Depuis ces vestiges de construction ont été protégés, ils sont recouverts de bâches en textile, sous une couche de terre. Actuellement les archéologues sont dans une phase d'interprétation de ces données.

Les fouilles archéologiques actuelles

Dans le cadre du P.C.R. 2023 2025, des fouilles ont été engagées sur une zone précise, " la chapelle " avec un travail préparé en amont, grâce aux données du géoradar. Ce secteur en particulier montrait une spécificité sur laquelle il était important de travailler, un mur de soutènement avait bougé, repéré avec les données du géoradar, suite à un séisme, aujourd'hui les fouilles actuelles le démontrent. Parmi l'équipe des archéologues sur place, 8 sismologues également géoloque, participaient aux fouilles, aux relevés. Le temps d'analyser ensuite toutes ces informations, ils pourront alors confirmer l'existence de ce séisme.

L'équipe est constituée également de stagiaires en archéologie venus de toute la France. Avec le sondage de 2021, cela a permis de bien définir la zone à fouiller, ils descendent des couches, par plan. Cela leur a permis de découvrir par exemple, des dalles empilées qui étaient un renfort au mur de soutènement et servaient de drainage. Ce mur de soutènement pourrait correspondre à une galerie de circulation menant à la chapelle, hypothèse appuyée sur la découverte d'une colonne découverte en 2021. Ils effectuent des relevés, par dessin, photo, avec GPS… par couches. A l'issue de cette phase de travaux, ils seront obligés de recouvrir le site pour le protéger des éléments naturels comme de dégradations autres.

M. le préfet relèvera combien ce site est rare et exceptionnel. La problématique de la préemption pour préservation était évoquée. Il conclura sa visite en mettant l'accent sur " l'intérêt scientifique certain de ce site pour les enfants ".

Sophie Dalloz

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